La compagnie des menteurs (un livre plein de promesses !) – Karen Maitland

Je continue ma résolution de descendre t la pile des livres empruntés. Voici le second (après La femme au carnet rouge) pris toujours à mon amie de Grenoble. On lui avait offert avec Comparse sur conseils de mon copain des Sables-d’Olonne qui n’aime pas les romans historiques mais avait « adoré » ce bouquin… Il me tardait donc de le croquer (le livre évidemment hein !) !!! 

L’histoire : Nous sommes en Angleterre en 1348, et il pleut. Rien que ça, on perçoit quelle sera l’ambiance générale …

Le 1er personnage de ce roman, nommé Camelot, se trouve à la foire de Kilmington, dans le sud-ouest. Il arrive à vivre en vendant des reliques à droite à gauche. Et en ces temps de Peste, le besoin d’espoir des gens progresse avec leur pauvreté (et vice-versa !), son job est donc que l’un l’emporte sur l’autre si vous voyez c’que je veux dire !

Il croise lors de cette foire une petite fille qui se fait battre par son maître : Narigorm. Elle a un physique difficilement oubliable, le visage très pale et les cheveux blancs d’un vieillard, et elle lit l’avenir dans les runes.

 

Il rencontre ensuite 2 ménestrels italiens qui ont fui leur pays et la maladie : Rodrigo et Jofre son élève. Tous 3 décident de faire route ensemble vers le sanctuaire de saint John Shorne, réputé, loin des ports par lesquels, logiquement, la peste qui rentre en Angleterre. Sur le chemin, un des bonimenteurs de la foire (qui avait roulé et plumé Jofre quelques heures plus tôt), Zophiel, est embourbé avec son chariot, et sa jument Xanthos n’est pas suffisamment forte seule pour le sortir de là. Pendant que tous les 4 tentent d’améliorer la situation, un couple surgit : Adela et Osmond, un peintre de talent. Adela est enceinte et assez faible, Osmond à besoin d’aide.

Ils avancent sur le chemin vers le nord, et à North Marston recroisent Narigorm et Plaisance, une guérisseuse. Les voilà 8. Il manque Cygnus, un conteur qui, accusé de meurtre, se planque dans leur chariot. Il a la particularité d’avoir un moignon à la place d’un bras et des plumes de cygne qui poussent dessus (classe !).

Voilà donc la compagnie au complet, 9 personnes et une jument. Leur unique but commun est de fuir la peste en allant tantôt vers le nord, tantôt vers la mer ou vers l’est.

Au fil du chemin, des embrouilles éclatent entre les personnages, des intrigues plus larges également. Et toujours cette pluie incessante et ce loup qui les poursuit…

Mon avis : J’ai un peu retrouvé le rythme (ou plutôt le non-rythme !) des 2 romans de S.J. Parris (Le temps de la prophétie et Le prix de l’hérésie) que j’avais lu en 2013. Et déjà, ça ne m’avait que moyennement plu : trop lent ! Donc là, techniquement, ils marchent 315 pages sous la pluie et avec l’épée de Damoclès qu’est la peste… Youpi ! Sans qu’il ne se passe rien … ou presque, hormis le récit d’un triste quotidien ! Puis une 1ere mort arrive (enfin dirait-on !), mais le soufflet retombe aussitôt … Et nous revoilà dans la vie quotidienne des migrants médiévaux : on chasse, on fait du feu, on fuit la peste, on tente de dormir malgré le loup qui rode, on a faim, on chasse, on fait du feu, on fuit la peste, etc etc. Un ennui profond … Puis les morts s’enchainent, donc ça met un peu plus de rythme, les révélations sur les personnages également. Mais la toute fin est carrément décevante, et, à mon goût, pas crédible du tout…

Côté véracité historique, comme on baigne dans le minimum vital médiéval, j’aurai tendance à dire que c’est assez cohérent, et l’auteur a gardé quelques pages à la fin pour faire elle-même les précisions historiques : un rappel sur la grande Peste, elle précise que les lieux historiques sont réels, et débriefe rapidement sur les lecteurs de runes. Je ne m’étendrai donc pas sur ça, mais du coup, en cherchant les visuels des lieux cités pour tenter de recréer l’ambiance, ils ont vraiment trop changé pour les placer en illustration ici ! Même les marais ont visiblement été asséchés !

Bref, pour moi qui aime beaucoup en général les romans historiques qui se passent au Moyen-âge, je n’ai pas pris un plaisir fou à lire celui-ci ! Même si la complexité et la densité des révélations nous tiennent un peu plus en haleine pendant la 2nde moitié du roman, mais comme perso, je n’étais pas hyper attachée aux personnages, chose qui théoriquement aurait du se passer lors de la 1ere partie du livre, ça ne me faisait ni chaud ni froid !

L’auteur : Karen Maitland est britannique. Elle est née en 1956. Je ne la connaissais pas du tout avant ce livre.

Parmi les livres qu’elle a écrit (8 en tout, le 1er en 1996, The White room, le 2eme en 2008 … bizarre non ?), seuls 3 semblent traduits en français : Les âges sombres et La malédiction de Norfolk sont les 2 et 3eme après La compagnie des menteurs.

Pour résumer :

  • 9 personnages unissent leur force, bon gré mal gré, pour fuir la pestilence et survivre dans l’Angleterre de 1348.
  • Des personnages pas forcément attachants, voire pour certains, franchement antipathiques.
  • Petit conseil : le prologue n’est pas là en déco… j’dis ça, j’dis rien !
  • Un rythme lent, monotone pendant la 1ere moitié du livre, donc il faut vraiment s’accrocher pour une seconde partie un peu meilleure mais ponctuée d’une mauvaise fin (je ne dis pas quoi évidemment).
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