Qui a tué Glenn ? – Leonie Swann

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S’il y a un livre que rien ne me destinait à lire, c’est bien celui-là !!! Juste pour démontrer à quel point ça tient à un fil : 19 juillet dernier, jour de canicule normande du mois. Moitié est plaqué à terre par la chaleur, j’emmène donc Comparse à la plage après le boulot. On opte pour une plage qui ne nous avait pas vu farniente sur son sable depuis des années : Luc-sur-Mer pour ne pas la citer. On fait nos larves au soleil en papotant, comme d’hab quoi, et là, une nana un peu style Roots (complètement même !) passe près de nous et nous propose de nous maquiller pour « passer le temps » … Histoire de ne pas ressembler à Mélania Trump, on se renseigne vite fait sur le type de maquillage, elle nous convainc par « un truc imitation tatouage mais qui part facile à l’eau ». Je m’y jette donc (à l’eau !), Comparse aussi, et ça a donné ça pour moi :

img_5767Et ça pour Comparse :

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Plutôt sympa donc ! Et en papotant avec la nana, on lui demande comme ça si elle aime lire (histoire de papoter quoi !), et elle nous répond qu’elle lit un livre trop bizarre sur des moutons enquêteurs … Évidemment le thème nous plait direct, je traque donc le bouquin introuvable en librairie !! Et comme souvent, Comparse s’en mêle et me l’offre pour ma fête ! hihihihi !!! Je fonce bien sûr dessus !!! Mais avouez que c’était vraiment pas prémédité !! Dingue non ?!

L’histoire ? Irlande, à Glenkill (ville imaginaire visiblement !). Un matin, un troupeau de beaux moutons se réveille sur sa prairie perchée au bord d’une falaise.

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Ça pourrait être une matinée ordinaire, mais ils découvrent le corps de George, leur super berger trop génial, allongé dans l’herbe, une bêche plantée dans le bide. Comprenant assez vite et assez bien qu’il est mort et surtout qu’une bêche dans le bide n’arrive pas comme ça naturellement au p’tit dej’, ils aiment de moins en moins la situation lorsqu’ils voient des hommes du village débarquer sur leur prairie pour observer le corps. Des hommes qu’ils n’aiment pas forcément en plus : Ham le boucher (cqfd !), le curé du village qu’ils nomment « Dieu » faute de connaitre son nom (!), Beth une amie bigote de Georges, etc.

Et le stress s’empare d’eux : ils ne sont plus gardés, que vont-ils devenir ?! Ajoutons que le fait que personne ne semble se préoccuper de connaitre le meurtrier de George leur parait injuste. Alors puisque les humains s’en moquent, qu’à cela ne tienne : ils enquêteront eux-mêmes ! Parole de mouton ! Ils sont déjà un peu bercés aux enquêtes : leur berger leur faisait régulièrement la lecture de romans policiers, ils savent donc comment faire ! D’autant qu’à eux tous, ils font un humain parfait !!

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Nous avons notamment Miss Maple qui est réputée comme le mouton le plus intelligent du troupeau voire même de Glenkill, elle est soutenue par Mopple la baleine, le mouton avec la plus prodigieuse mémoire, Sir Ritchfield est le vieux et respecté chef du troupeau mais un peu has-been et dur de la feuille, il a d’ailleurs un légendaire et inquiétant frère jumeau : Melmoth. Et parmi les meilleurs atouts du troupeau, Othello un bélier noir des Hébrides, à 4 cornes, élevé dans un cirque, malin comme un singe et très intelligent.

Postface de l’auteur qui montre bien l’idée générale :

La préhistoire de ce roman se passe en Irlande, où j’ai fait il y a longtemps un voyage avec une amie. Bien entendu, j’ai rencontré dans le sauvage paysage irlandais une foule de moutons, tous dotés d’un fort caractère. Parfois, j’ouvrais la fenêtre de notre petite voiture de location et je bêlais pour leur dire bonjour. Parfois, j’obtenais même une réponse !

Mais la véritable histoire de ce roman se passe à Paris, dans une maison où Rilke a logé il y a un siècle. Pour moi, Paris, c’est la liberté, la culture, l’inspiration et l’aventure, mais aussi des murs à portée de vue. Assez rapidement, en traversant des places pavées et des jardins publics, j’ai éprouvé une nostalgie diffuse de la vie à la campagne, de l’air libre, des nuits étoilées. Et d’une certaine manière aussi, des moutons !

Un soir que je n’avais plus envie de lire (ce qui est rare) et que je n’avais pas non plus de téléviseur, j’ai dit à mon ami : « Je vais commencer un roman. Sur des moutons irlandais ». Alors, je me suis assise à l’ordinateur et j’ai fait exactement ce que j’avais dit. Du moins pendant 2 pages. Celles-ci forment toujours le début du roman. George était mort et je n’avais aucune idée de qui l’avait tué. Je ne pouvais pas m’arrêter là. L’enquête commençait !

En même temps, je ne voulais pas seulement déguiser des hommes en moutons, mais je voulais donner vie à de vrais animaux, convaincants en tant que tels – des moutons avec des pensées de mouton, avec des priorités et des besoins complètement différents des nôtres, propres à leur vie de mouton. Tout en écrivant, j’essayais de voir le monde de leur point de vue : qu’est-ce qui les met mal à l’aise ? De quoi se réjouissent-ils ? Où s’arrête leur entendement ? Lors d’un nouveau séjour en Irlande, j’ai essayé d’en apprendre plus sur mes héros. J’ai vraiment vu des corneilles posées sur le dos d’un bélier – comme beaucoup d’autres détails.

En Irlande, j’ai eu aussi la chance de faire la connaissance d’une jeune spécialiste. Elle fut heureuse de rencontrer une autre fan de moutons, et nous avons aussitôt cherché ensemble quelle race convenait le mieux au talent de détective de Miss Maple. A ma plus grande joie, mon experte irlandaise trouva même mes moutons assez réalistes, et sur ses conseils, j’ai essayé de les dépeindre de manière encore plus conforme à la nature.

L’auteur : pas encore très connue pour le moment, Léonie Swann est allemande (comme son nom ne l’indique pas forcément !) et c’est visiblement son 1er et son seul roman. Mais sure que si elle fait aussi original à chaque fois, j’y retournerai !!!

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Mon avis ? Passée l’euphorie de cette hyper originale idée, on rentre dans la 1ère phase qu’est la découverte du caractère de chaque mouton, pas facile de s’y retrouver parmi tout le troupeau !! Ajoutons à cela les différents habitants du village (qui dans mon imaginaire ressemble plus à un hameau !).

Et évidemment, comme ce sont des moutons, ils rament quand même un peu plus que les humains pour trouver des indices, pour progresser et avoir un raisonnement plausible et cohérent du 1er coup ! Ce qui s’avère parfois très drôle d’avoir une autre vision de situations qui nous paraitraient évidentes !! C’est donc un peu plus lent niveau rythme qu’une enquête normale !

Pour résumer :

  • Des moutons qui mènent l’enquête sur le meurtre de leur berger : on fait difficilement plus original comme polar !!!
  • De situations loufoques (Othello dans le confessionnal !) en rebondissements inattendus, même si le rythme général est lent, on ne s’ennuie pas une seconde !
  • Plume assez légère et directe. Roman qui gagne à être encore plus connu (il s’est apparemment déjà très bien vendu et exporté !) car sa légèreté fait du bien !!
  • J’veux un moutoooooooooooooooooooon (mais quelque chose me dit que Moitié ne sera pas d’accord !!!) !!!!!!!

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