Spotlight ou l’art de faire lumière …

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Oh lalalalala, le week-end pourri où il pleut pendant 48 heures ou presque ! Autant signer tout de suite pour plusieurs passages dans les salles obscures !!! Comparse me propose pour le samedi Spotlight que je voulais voir depuis que j’avais vu la bande-annonce …

L’histoire ? Nous sommes à Boston au siège du Boston Globe, le plus lu des journaux locaux. Je dirais soit fin de l’an 2000 soit début 2001. Les équipes sont chamboulées car un nouveau patron arrive : Marty Baron (Liev Schreiber, que j’ai eu l’impression d’avoir vu autre part pendant tout le film, mais impossible de trouver !Peut-être parce qu’il a un faux air d’Ulysse Gosset ??) :

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Il est posé, calme, lucide, audacieux, sur de lui au point d’avoir une idée en tête : attaquer l’Église pour les agressions sexuelles sur mineur effectuées par un prêtre local et prouver que la hiérarchie savait. Il convoque les têtes de pont de la rédaction, et entre autres, le chef de « Spotlight », qu’on pourrait comparer au « Cash investigation » d’Élise Lucet : pendant plusieurs mois, voire années, 4 journalistes enquêtent sur un thème sensible, de fond en comble. Cette section est donc dirigée par Walter Robinson (Michael Keaton qu’on avait pas vu depuis longtemps) :

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Il est accompagné de 3 journalistes : Michael Rezendes (Mark Ruffalo), toujours détendu, les mains dans les poches, mais qui ne lâche jamais l’affaire !

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Sacha Pfeiffer (Rachel McAdams) :

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Et Matt Carroll (Brian d’Arcy James), le journaliste à la moustache et aux lunettes autour du cou, parce qu’il en faut au moins un !

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Tout le monde au journal les épaule, les soutient, ils doivent travailler le plus discrètement possible pour que 1. l’Église ne se doute de rien, et 2. les autres journaux ne se doutent de rien non plus !

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Objectif n° 1 pour eux : prouver que le cardinal local, Law, savait ce qu’il se passait avec ce prêtre et peut-être les autres, et a couvert leurs agissements. Pour cela, des pièces hyper claires et importantes ont été mises sous scellés, il faut réussir à les faire lever. Or un homme s’est déjà attelé à ce problème, l’avocat de nombreuses victimes : Mitchell Garabedian (Stanley Tucci, vous savez, Le diable s’habille en Prada !).

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Mike le harcèle pour avoir des noms de victimes, pour pouvoir les interviewer et remonter le filon.

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Ils rencontrent alors d’assez nombreuses personnes, notamment le chef de l’association des « survivants de prêtres pédophiles ».

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Puis ils recherchent ce que sont devenus les prêtres concernés … Pour cela, ils épluchent les annuaires du diocèse, années par années. Ils remarquent que les noms des prêtres qu’ils connaissent déjà sont mutés régulièrement, ou bien carrément notés en « arrêt maladie » (no comment !). Ils décident alors de faire l’inverse et de rechercher tous ceux concernés par ces termes. Et on arrive à une liste incroyable de noms !

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Ils ne négligent aucune piste, malgré les évènements du 11 septembre qui arrivent en plein pendant l’enquête et repoussent la sortie de l’article. Ils bravent tous les bâtons qu’on leur met dans les roues, sans aucune peur et motivés comme jamais.

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Mon avis : Sujet hyper hyper délicat, hyper sensible, bien casse-gueule sans doute pour un cinéaste, mais adapté d’une histoire vraie. Les chiffres annoncés à la fin du film font froid dans le dos : 245 prêtres impliqués à Boston et ses environs, plus de 1000 enfants (il me semble) agressés, et au final, le cardinal Law fut muté de Boston (pas glop) à Sainte-Marie-Majeure de Rome (glop) … Cherchez l’erreur !

L’interprétation est extrêmement juste et impartiale, les journalistes, bien qu’émus devant leurs découvertes, restent neutres, interrogent les victimes sans prendre parti, sans pathos (alors qu’il y aurait matière), allant aux questions essentielles. La parole est donnée aux victimes, de manière ouverte, et ça en rend l’ensemble hyper réel. Le point qui parait assez dingue, mais qui semble s’être passé ainsi, est que pendant les 2 heures de film, l’Église ne s’exprime jamais, sauf par la bouche des anciens avocats, mais sinon, rien d’officiel. L’omerta totale.

Du coup, il manque presque à la fin du film une intervention d’un vrai membre du clergé parce que devant l’ampleur de ce phénomène aux États-Unis (encore plus qu’ailleurs j’ai l’impression), on se demande pourquoi l’Église nie, cache ou soutient ces prêtres qui jettent le discrédit sur l’ensemble de la mission catholique … Parce que bon, dans la vraie vie, un mec fait ça à un gosse, il arrive en tôle direct, mais un prêtre rien, que dalle, youpi, wallou … Comment expliquer ça ???

Ce film sensible est pour moi un moyen de pointer du doigt _ikun énorme et multiséculaire problème pour arriver à le résoudre un jour. Le pape François semble présenter excuses sur excuses et vouloir sévir, mais ne faudrait-il pas prendre le problème dans le bon sens et anticiper ??? Et surtout, livrer à la justice civile ces prêtres déviants !!!

Pour résumer :

  • Sujet délicat : histoire vraie de journalistes qui se sont penchés sur le scandale des plusieurs centaines de prêtres pédophiles aux États-Unis au début des années 2000, et ont dévoilé l’affaire au grand jour.
  • Splendide interprétation de tous les acteurs, mise en scène assez neutre, pour simplement relater les faits sans prendre parti, laissant le spectateur se faire son propre jugement.
  • Film assez sérieux évidemment, mais qui passe toutefois hyper vite, pas de temps morts, pas de longueurs. Extrêmement intéressant.

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Une réflexion au sujet de « Spotlight ou l’art de faire lumière … »

  1. Liev Schreiber n’est pas très reconnaissable dans ce film, il est partout en ce moment, je viens encore de le voir dans La 5e vague.
    Sinon c’est vrai que film et les acteurs restent sobres et c’est appréciable, l’histoire fait suffisamment froid dans le dos…

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