Les vendanges de Juillet – Françoise BOURDIN

9782266182133

A chaque fois que nous partons quelque part en vacances, je tente de prendre un livre qui puisse correspondre à ce que l’on va voir : nous sommes partis en Bourgogne et dans la Loire, cette couverture a tout de suite fait tilt ! J’avais lu Le testament d’Ariane du même auteur et avais bien aimé, je me suis donc lancée dans cette histoire en direct de sous la tente ! … si on veut planter le décor !!!! 😉L’histoire ? Bon, ça se passe dans le Margaux, donc le bordelais, comme quoi, mon tour de France des vins était complet !!! Nous suivons la famille Laverzac, propriétaire du cru Chateau-Fonteyne, un des plus grands crus du Margaux.

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Nous suivons donc plusieurs personnages dans un quasi huit-clos : Aurélien Laverzac, père tyrannique, obnubilé par ses vignes, son vin, son domaine, sa réputation. Il était marié à Lucie, plus ou moins par dépit. Ils eurent 3 enfants :

  • Louis-Marie, l’aîné, un journaliste et écrivain raté, marié à la pétillante et insouciante Pauline. De cette union est née Esther.
  • Robert qui a lâché le vin pour devenir un grand chirurgien de Lariboisière, célibataire caaaaaar …. Louis-Marie lui a piqué Pauline 6 ans plus tôt !!! Du coup, il n’a pas voulu remettre les pieds à Fonteyne pour les réunions de famille : il est toujours amoureux de Pauline… d’entrée de jeu, ça sent l’embrouille !
  • Alexandre, resté à Fonteyne et s’intéressant au domaine dans l’espoir de le reprendre. Il est marié à Dominique, fille d’Antoine et Marie Billot, propriétaires du domaine de Mazion, producteurs de vin blanc (et ça a l’air d’être la honte !!!). Ils ont 2 jumeaux.

Et puis, après la naissance de ses 3 fils, Aurélien Laverzac a imposé à sa femme d’adopter un autre petit garçon : Juillet (il m’a fallu quelques lignes pour être sure qu’il s’agissait d’un homme !!! Et ça explique le titre !!! j’me disais « les vendanges en juillet, c’est bizarre ! »). Personne ne sait vraiment la raison exacte et c’est devenu tabou. Juillet ne ressemblait pas du tout à ses frères adoptifs, et très tôt il fut captivé par Aurélien et par la vigne, s’intéressant à tout, comprenant tout et anticipant tout. Il devint vite le préféré d’Aurélien… et de ses frères ! Chacun étant d’accord pour dire qu’il avait « le sens de la vigne ».

Jouisseur, coureur, amoureux de ses vignes et de sa bibliothèque, Aurélien était un Laverzac d’un cru particulier. Il avait toujours eu des idées originales et très personnelles qu’il avait appliquées à sa famille comme à son exploitation, avec le même bonheur. Il avait été un père imprévisible, aussi capable de tendresse que d’intransigeance, souvent déroutant pour son entourage. La façon dont il avait imposé Juillet à sa femme, trente ans plus tôt, avait scandalisé ses proches. Mais il s’en félicitait chaque jour. Avec le recul, il tenait Juillet pour sa plus belle réussite. Et lui seul pouvait savoir à quel point !

Lucie mourut quand les 4 garçons étaient encore jeunes. Aurélien les a donc élevé comme il a pu, avec l’aide précieuse de l’intendante : Fernande, qui resta un peu la référence féminine de tous ces hommes. Fernande est la femme de Lucas, le maître de chai (personne responsable de l’élaboration et de l’élevage du vin).

savoirfaireL’autre personnage est bien entendu Fonteyne : ce château, ce domaine, ces vignes, ce sont eux qui réunissent toute la famille, autour d’eux que tous gravitent.

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Chacun traite le domaine comme le membre le plus important de la famille, qu’ils aient continué dans le vin ou non. Dès les premières pages nous est offerte une description :

A l’aube du XIXème siècle, dans un style néoclassique alors en vogue, un certain Pierre Laverzac avait acheté des vignes et fait construire le château de Fonteyne. Il avait su limiter, avec sagesse, les folies de l’architecte quant aux colonnes corinthiennes et aux balustrades. La façade était sobre, seulement agrémentée d’une galerie que desservait un escalier extérieur en fer à cheval. Hormis cette fantaisie, les toitures d’ardoise restaient sages au-dessus de la pierre très blanche et le premier des Laverzac ne s’était pas livré à la guerre des châteaux qui sévissait à l’époque et qui avait fait naître tant de tourelles et de clochetons à travers le Médoc. (…) Le charme imposant et désuet de Fonteyne séduisait tous les visiteurs. Des corps de bâtiments, un peu à l’écart, étaient aménagés pour l’exploitation, à proximité des somptueuses caves voutées. Devant la propriété, une pelouse impeccable s’étendait jusqu’aux vignes en contrebas.

Je sais qu’il n’a rien de néoclassique, mais bizarrement, le château que j’ai imaginé pendant tout le livre ressemblait à ça (les vignes en plus ) :

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Mais après quelques recherches, ça devait plus ressembler à ça :

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Bref, tous ces personnages évoluent les uns par rapport aux autres, au gré des saisons viticoles ! Comme le font toutes les familles, celle-ci ayant à composer avec le poids de la tradition, de la figure du père/patriarche, du domaine, de l’héritage futur…

Mon avis ? Je crois que j’ai pleuré en lisant la dernière page, non pas parce que l’histoire est triste mais uniquement parce qu’il fallait quitter ces personnages, et surtout Juillet. L’auteur a su, dès les premières pages et à force de situations, l’imposer comme ze valeur sûre pour sa famille mais aussi pour le lecteur ! En ouvrant ce livre (que j’ai dévoré malgré ses 761 pages) chaque soir ou presque, une enveloppe de coton m’entourait, me mettait à l’abri de toutes les pensées d’une journée, moi aussi j’étais à Fonteyne et j’adorais ça !!!!! Ce livre est un des rares qui m’a autant embarquée dans son monde ! Et quoi que je puisse écrire sur cette page, rien n’arrivera à réellement décrire le bien-être ressenti en lisant cette histoire !

Bien sur on déteste très vite Aurélien, on le traite de tous les noms devant les injustices évidentes qu’il commet. Sans que ça n’ait de réel rapport, ça m’a beaucoup fait penser au film Tu seras mon fils, et sans m’en rendre compte je lui ai donné les traits de Niels Arestrup !

Et au fur et à mesure de l’avancée de l’histoire (qui est suivie de Juillet en hiver), on s’attache de plus en plus à Juillet : il a certes quelques défauts, mais dégage tellement de sérénité, de classe, toujours attentif à être le plus juste possible dans toutes ses décisions, et réussissant à contenir sa colère lorsqu’il en a, il semble être une force de la nature dans tous les sens du terme.

La manière de parler de la vigne est également magnifique… La description des terres lorsque Juillet, Aurélien ou Alexandre les arpentent, la période des vendanges, l’importance du commerce du vin, etc. Tout cela donne envie de s’y intéresser.

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Lorsque les frères se réunissent dans la bibliothèque et ouvrent un des grands crus de leur cave, c’est un plaisir et un frétillement imaginaire pour les papilles !

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Pour résumer :

  • L’histoire se passe dans l’univers d’un des grands crus de Margaux. On suit pendant quelques 761 pages l’histoire de la famille à qui ce domaine appartient : les Laverzac, avec les joies et les peines inhérentes à toutes les familles.
  • Ce livre est une pure merveille, il est de ces romans dont on garde toujours un souvenir ému. La plume est très souple, très légère, agréable, ça coule tout seul ! Et au final, ce livre est semblable à un grand cru : sa saveur marque instantanément et son goût reste en mémoire très longtemps.
  • Vous ! Oui vous qui ne l’avez pas encore lu : LISEZ-LE !!!!!!! Ce n’est certes pas de la grande littérature, c’est un roman très facile d’accès, mais, je vous garantis de vraiment passer un délicieux moments !!!

 

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3 réflexions au sujet de « Les vendanges de Juillet – Françoise BOURDIN »

    • « Mais ainsi que Fernande l’avait redouté, ce n’était pas Laurène qu’il regardait, c’était Julien » ! En fait, d’après ce que j’ai compris, l’auteur a commencé par publier « Les vendanges de Juillet » dans un livre, puis « Juillet en hiver » dans un autre, et maintenant a réuni les 2 dans un même tome qui a la couverture présente en haut de l’article … On le voit à l’intérieur : la 1ere partie porte le titre « Les vendanges de Juillet » et c’est suivi d’une seconde partie « Juillet en hiver ». Mais peut etre avait vous l’ancienne édition … ?

  1. Ping : Premier prix pour Premiers Crus ! | PLEIADE, TIRADES ET MARMELADE

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