La couleur du soleil – Andrea CAMILLERI

la couleur du soleil001

Un petit livre offert il y a déjà quelques Noëls, et qui prenait la poussière sur mon étagère de grands formats. Toutefois, histoire de le lire un jour, je l’ai mis au programme de mon challenge bannic3a8re et je me rends compte qu’il rentre aussi dans ! Et en plus, il ne fait que 144 pages, il est écrit gros et il parle d’histoire de l’art .. Que demande le peuple ???

Avant de rentrer dans les détails, une petite carte de la Sicile, histoire de permettre de suivre le chemin !

sicile carte

L’histoire ? Nous sommes à Syracuse, de nos jours. Un récit à la 1ère personne, le héros est Andrea Camilleri, l’auteur.

camilleri

Il s’apprête à aller voir une pièce de théâtre dans le théâtre antique.

theatre syracuse

Il est ensuite contacté par un mystérieux inconnu qui lui fixe un mystérieux rendez-vous. Il s’y présente, est emmené dans un mystérieux endroit non loin de Bronte.

bronte etnaL’inconnu lui dit alors que pour le remercier du bonheur que ses romans avaient donné aux derniers jours de sa femme, il lui permettait de lire les pseudo archives du Caravage qu’elle avait retrouvé.

1597-98 autoportrait en méduse, galerie des offices

Autoportrait en méduse, 1598, galerie des Offices de Florence

L’auteur fait donc des relevés de certains passages et nous les présente, lieux par lieux.

Le périple commence à Malte où le peintre vient de fuir, pour échapper à la sentence papale, recueilli par l’ordre des hospitaliers. On suit ses commandes de l’époque, ses problèmes de vision naissants. Jusqu’à son incarcération au Fort Saint-Ange de Malte, d’où il s’évade.

fort saint ange malte

Il fuit alors direction la Sicile. 1ère étape, la découverte du temple de la Concorde de Girgenti (soit le Agrigente actuel), et le choc que cela procure à l’artiste.

800px-Temple_Agrigente

Il arrive ensuite à Licata chez son ami Mario Tomasi.

licata

Puis, au fur et à mesure de la dégradation de son état mental (il a de plus en plus d’hallucinations, de dédoublements de personnalité, de poussées de violence), il continue sa fuite (il essaye d’échapper aux hospitaliers qui le recherchent), œuvrant dans chaque ville. Il arrive alors à Syracuse, où il exécute les funérailles de sainte Lucie pour l’église éponyme.

sainte lucie File:Michelangelo Caravaggio 010.jpg

Il explique dans son délire qu’il avait peint la dalmatique du diacre (fringue du mec au centre) en blanc et que le lendemain, elle se trouvait rouge, il la repeignit plusieurs fois mais elle redevenait rouge chaque fois, tant et si bien qu’il fut obligé de faire le reste de la toile en fonction de ce rouge ! (Tout allait bien dans sa tête on vous dit !)

Il passe par Naxos :

naxos

Pour atteindre Messine :

messine

Arrivé à Messine, l’ordre des Crociferi, lui commande une Résurrection de Lazare (après un retournement de cerveau !!!) (j’ai recherché l’église en vain : elle a été détruite pendant le tremblement de terre de 1783, mais le tableau est au musée de Messine). L’auteur nous apprend que Caravage se serait peint dans le tableau … Et quand Messine est au courant de ses méfaits à Malte, il part pour Palerme.

palermeLà, ses troubles sont extrêmes et quasi incessants. Une accalmie a seulement lieu lors de son séjour au couvent des franciscains : un des moines l’apaise, et il retrouve avec joie sa perception du soleil, ainsi que ses couleurs en peignant pour leur oratoire Saint-Laurent, une Vierge à l’Enfant avec saint François et saint Laurent.

Oratorio_di_San_Lorenzo palerme

L’auteur reprend alors la main et conclut ce récit.

Mon avis ? Il fut évolutif : au départ, j’arrivais de mon Marquis mis à nu, donc Le Caravage … comment dire … la marche était haute et je trouvais clairement ça hyper soporifique ! Mais je retrouvais bizarrement un style italien à la Donna Leone, ça m’emmenait en Italie, c’était plaisant, mais le propos était toujours ennuyeux, je ne voyais pas la finalité de l’ensemble.

Puis au fur et à mesure de l’enchaînement des « citations », et avec le panel de tableaux reproduits au centre du livre, je commençais à voir où l’auteur voulait en venir : une perception de l’évolution de l’œuvre de l’artiste en fonction de son évolution mentale, en somme, le parallèle pinceau/corps. J’aurai été déçue de n’avoir le fin mot de l’histoire, et l’auteur ponctue son cours livre par ce fin mot, donc tout va bien !

Pour résumer :

  • Un thème qui ne plaira pas à tout le monde : l’œuvre du Caravage, prince du clair obscur. Mais présentée à la façon polar, ce qui fait qu’une fois les codes installés, ça passe assez bien.
  • Une manière très intelligente de penser le livre en lui-même : chaque fois qu’un tableau est cité, une reproduction couleur est proposée. Ce qui permet de percevoir l’évolution soi-même, de faire son œil, de comprendre la toile, de comprendre tout seul là où l’auteur veut nous emmener.
  • Une jolie visite de la Sicile, quelques heures de vacances et de bons dans le temps, très agréables.
  • Un livre court, très agréable puisqu’on a l’impression d’avancer !!!
  • Allez, je termine par deux petites pages Wiki histoire d’en savoir un peu plus sur le vrai héros du livre : sa vie, son oeuvre !

 

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2 réflexions au sujet de « La couleur du soleil – Andrea CAMILLERI »

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