Le chant des sorcières Tome 1 – Mireille CALMEL

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Je vous rassure : je n’ai pas mis 1 mois et demi à le lire, il est fini depuis quelques temps déjà ! Mais j’ai eu tellement de mal à me mettre dans l’histoire que je traîne à faire l’article …

Une amie m’avait offert le tome 2 grand format (elle est directe, elle est comme ça !), mais n’ayant pas le tome 1, j’ai traîné ! Les histoires de sorcières m’étant un peu inconnues, j’avais besoin d’un avis expert avant de me lancer. J’ai donc offert ce livre (le tome 1, hein ! suis blonde mais quand même !) à la maman de ma comparse de cinéma qui aime beaucoup tout ce qui est sorcièro-fantastique … Elle avait beaucoup aimé le tome 1, un peu moins le 2, mais mieux apprécié le 3 (de ce que je me souviens). Elle avait fait lire la trilogie à son autre fille, et cette dernière avait eu à peu près le même jugement (de ce que je me souvienne aussi !). Donc je m’étais dit, je me lance !

C’est donc, vous l’avez compris, un roman en 3 tomes datant de 2008-2009 (je l’imaginais plus ancien que ça !). Oeuvre de l’auteure Mireille Calmel :

Mireille-Calmel©-Cathy-Bistour

L’histoire ? Elle se déroule dans le Vercors, principalement à Sassenage, dans l’ancien château fort. Nous sommes en 1483 (oui encore un roman historique !)… Au début du roman, nous suivons de manière distincte plusieurs groupes de personnages : Algonde, sa mère Gersende (oui ce sont des prénoms bizarres, mais on est à la fin du Moyen-âge je n’y peux rien !), et son prétendant Mathieu. Elle et sa mère sont des servantes du seigneur Jacques de Sassenage. Mathieu est apprenti boulanger (en gros) avec son père dans la cour du château. La femme de Jacques de Sassenage : Jeanne de Commiers, est morte et il s’est recasé avec Dame Sidonie. Tout à l’air pour le mieux dans le meilleur des mondes, dans l’ambiance d’un château-fort : maître Janisse le cuisinier gentil, le maître d’armes, le palefrenier, … Mais très vite apparaît l’anti-héros qu’on a envie de buter tout le temps : Marthe, servante de Sidonie, qui poursuit Algonde sans relâche et multiplie les sales coups.

Parallèlement, nous découvrons Philippine, fille de Jacques de Sassenage, placée pour son éducation, avec ses 2 sœurs, dans l’abbaye Saint-Just-de-Claix. Lorsque nous la rencontrons, elle se trouve courtisée par 2 hommes : Laurent de Beaumont, page de Louis XI et Philibert de Montoison , chevalier de l’ordre des hospitaliers de Jérusalem et en mission pour Guy de Blanchefort. Les 2 hommes, s’entre-tuent pour Philippine (mais vraiment hein ! on fait pas les choses à moitié au Moyen-âge !), et du coup, elle est condamnée 1. à les soigner (et ça met le temps !), 2. à rentrer chez son père pour la paix de la communauté. Voilà donc l’ensemble des personnages réunis.

Ne manquent que 2 groupes pour que ce tableau soit complet :

– Mélusine, qui a élu domicile dans les eaux du Furon. Elle était mariée avec Raymondin, ancêtre des Sassenage. Je ne rentre pas dans le côté compliqué de son histoire mi-fantastique-mi-réelle. Cette histoire est révélée à Algonde par sa mère. Elle se termine par une prophétie et une autre révélation : Mélior, soeur de Mélusine, avait le pouvoir de commander aux éperviers, et celle qui allait venir pour la remplacer allait avoir ce même pouvoir. Je vous laisse deviner qui a ce pouvoir sans le savoir : Algonde, bingo !

– et une histoire exotique : l’empereur ottoman (turc en gros), Mehmed II avait 2 fils pour lui succéder : Bayezid et Djem. Bayezid prend le trône de force à la mort de son père et neutralise son frère Djem.

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 Il chercha l’appui du roi de France qui, bien sur lui promit, et le fit venir en France pour sceller tout ça, mais au passage, Louis XI fut acheté plus cher par Bayezid. Bref, le pauvre Djem est plus ou moins dans un exil-prison-doré tout en croyant que tout va bien pour lui et que la route est juste un peu longue pour arriver jusqu’au roi de France … Le lien avec le reste ? Guy de Blanchefort (responsable du super prisonnier) avait chargé … Philibert de Montoison (tiens, tiens …) de trouver un lieu tranquille, sûr et calme pour y garder Djem… Sur la suite je laisse votre imagination faire !

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Le vrai du faux ? Bon, z’avez bien compris que quand je plonge dans un roman historique j’aime bien connaître la dose de vraies informations et la dose de roman. Là, le truc drôle est que nous avons une amie qui habite à Sassenage, du coup, je connaissais le château et ainsi mon imagination littéraire était guidée ! Mais ce château que je connais, n’est pas du tout médiéval, j’ai donc voulu vérifier. Il y a bien eu des seigneurs puissants à Sassenage, qui avaient un château fort construit au XIIIème. Mais malheureusement, il fut détruit et reconstruit au XVIIème, ce qui nous donne maintenant un lieu qui ressemble à ça :

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Les Sassenage semblent avoir d’autres domaines dont La Rochette, la page 20 du roman nous dit :

« Le baron avait commandité l’agrandissement d’un autre manoir de ses possessions, celui de La Rochette, placé sur la route de Grenoble. Manoir qu’il comptait offrir à son fils Enguerrand ».

J’ai trouvé à Fontaine une résidence étudiante qui s’appelle « Château de la Rochette » et qui ressemble à ça :

img1Et la description du livre donne :

« Face à la porte qui clôturait l’enceinte de La Rochette, se trouvaient 2 tours, reliées entre elles par un long bâtiment rectangulaire de 2 étages. La plus grande était flanquée d’un double escalier d’une quinzaine de marches ».

En creusant un peu, je suis tombée sur ce petit historique : « Le château de la Rochette construit fin du XVe siècle, sur un « rocher » d’où son nom. C’est le bâtiment le plus ancien de la ville de Fontaine, appartenant au Seigneur Jacques de Sassenage (celui de notre roman) qui l’avait édifié pour son fils Claude (Je ne trouve d’existant que François II et dans le roman il n’a de fils qu’Engerrand, qui dit vrai ?). Il connut divers propriétaires dont Falquet de Planta qui fut, au XVIIIe siècle, président du département. »

Le 3ème lieu étant le château de La Bâtie, résidence principale de Jacques de Sassenage selon la page 19. Le château de la Bâtie était bien le siège des seigneurs de Sassenage. J’ai lu dans un mémoire sur la famille de Royans : « Après le départ du seigneur de Sassenage vers la région grenobloise, et son installation dans une commune qui porte désormais son nom, le château de la Bâtie est tombé en désuétude, et ses pierres furent vite récupérées par les gens du pays pour construire leurs demeures. Aujourd’hui, la butte nue sert de support d’une triste Vierge en béton. Voici à quoi cela ressemble donc : (inutile de dire, que ça ne va pas aider votre imagination !!)

batieConcernant l’histoire du prince turc Djem, d’après ce que j’ai trouvé, il a bien séjourné à la commanderie de Poët-Laval (le livre décrit pas mal sa vie quotidienne là-bas, donc en voyant les lieux maintenant, ça parait encore plus clair et intéressant !) :

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Puis a bien été hébergé au château de Rochechinard, là où il est emmené à la fin de ce tome 1. Un site relate cette légende d’ailleurs, et nous raconte une partie du tome 2, exhaussant la prophétie, il confirme également l’existence de Philippine de Sassenage ! Je n’en dis pas plus, mais pour les curieux, c’est raconté . Et pour les éventuels passionnés, on le voit dans la série The Borgias, et un livre raconte son histoire réelle : Djem, un prince dans la tourmente, de Maurice Caron. Pour ce château, on a un visuel, ou plutôt un restant de visuel :

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Dernier bâtiment : l’abbaye Saint-Just-de-Claix. Apparemment elle a bien existé mais assez peu de temps. Les Sassenage étaient seigneurs du lieu. Il est possible que l’église paroissiale d’aujourd’hui soit l’ancienne église abbatiale … Pour vous donner une idée, ça ressemble à ça :

280px-Église_-_Saint-Just-de-Claix Le dernier point que j’ai voulu éclaircir est l’histoire de Mélusine. J’aurai mis ma main à couper que c’était du domaine du roman, mais sur le fronton du château de Sassenage, la fée trône flanquée du blason des Bérenger-Sassenage à sa droite (à elle, donc à gauche de l’image) et des Sassenage à sa gauche… La preuve :

mélusineJ’ai trouvé cette explication en complément : « Une légende médiévale raconte que cet endroit aurait été l’antre de la fée Mélusine, célèbre monstre, mi-femme, mi-sirène… Après s’être enfuie du Poitou, Mélusine se serait réfugiée dans les montagnes de Villard-de-Lans, et se serait installée à Sassenage, dans une grotte du Furon, où l’on pouvait voir sa table de pierre, et la cuve où elle se baignait le samedi. L’histoire se répète là, avec le seigneur de Sassenage qu’elle séduit, avec lequel elle se marie et a un fils. Elle brise l’interdit du samedi et disparaît alors à jamais, mais continue à annoncer la mort de ses descendants. » Pour couronner le tout, le Furon coule bien dans le parc du château …

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Après tout ça, mon avis ? C’est curieux, jusqu’à aujourd’hui je pensais vraiment qu’une grosse partie de l’histoire était invention pure et du coup, je n’avais pas apprécié ce livre. J’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans l’histoire, les personnages de Marthe et de Mélusine m’énervaient prodigieusement, et je n’arrivais du coup pas à m’attacher aux autres personnages puisqu’on se doute pertinemment qu’il va leur arriver des grosses bricoles du fait de ces 2 « femmes ». Mais maintenant que je me demande où se situe la partie roman, je donne plus de légitimité à l’auteure. Au final, seule l’histoire d’Algonde semble invention. Et peut être l’extrapolation de la légende sur elle. Mais le reste s’appuie beaucoup sur des faits réels…

Pour résumer : 

  • Les nombreux personnages font qu’on peut avoir du mal à rentrer dans l’histoire et à s’y attacher. Certes, ils ont tous des racines communes qui font qu’au bout d’un moment ils se rencontrent tous, mais ça complique un peu l’ensemble.
  • La vie d’un seigneur médiéval, de son château et de ses gens est assez bien transcrite je trouve.
  • Au final, Mireille Calmel n’a pas inventé grand chose : elle s’est énormément appuyée sur l’Histoire. Et plus on cherche, plus on trouve des liens entre ce livre et ce qui s’est réellement passé. Ça donne envie de retourner à Sassenage pour revoir tous ces lieux ! Il y aurait même matière à faire un « Chant des sorcières-tour » !
  • J’ai regretté d’avoir inscrit les tomes 2 & 3 sur mon challenge d’hiver mais maintenant, j’ai presque hâte de me mettre dedans ! Le fait qu’ils aient existé et presque entièrement vécu tout cela me permet de mieux apprécier ces acteurs !
  • Je ne sais pas si je conseillerai ce livre néanmoins (sauf à ma copine qui habite Sassenage !). Si en lisant ce long article, cela vous donne envie, testez ! C’est un livre assez court (400 pages en poche) qui se lit vite …
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